desolationsDésolations est un livre de David Vann, aux éditions Gallmeister.
Traduit de l'américain par Laura Derajinski.

- Bonjour Anilouve. Est-ce que tu m'aimes ?
- Bien entendu. Tu es un brave petit livre, pas trop lourd (320g ?), pas trop grand (205 mm), pas trop épais (22mm), pas trop gros (297 pages), je t'ai bien en main, tu es parfait.
- Seul mon aspect extérieur compte donc pour toi ?
- Mais non, gros bêta. Tu es bien imprimé, de belles pages blanches, et une photo en deuxième et troisième de couverture, de Peter Casolino, la photo. Tu vois, tu es aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Et tu ne perds pas tes pages.
- Tu me fais marcher AniLouve. Ce qui importe, c'est le texte.
- Désolations, tu sais que tu es bien écrit. Des phrases avec des points et des virgules. Alleluia. Des mots qu'il est inutile de chercher dans le dico. Des paragraphes courts. Un bon débit, ...
- J 'ai un bon débit  Mais que racontes-tu là ?
- Tu vois, j'ai compté sur une page. Entre 1 et 35 mots pas phrase, une moyenne de 9 mots, c'est ce que j'appelle un bon débit. Tu es vraiment d'un abord facile, Désolations.
- D'un abord facile ? Tu me vexes, Ani.
- Attends  Je veux dire que tu es agréable à fréquenter. Disons que tu ne manques pas de style. Tu sais, j'ai bien aimé être avec toi.
- Tu me vexes tout de même. C'est tellement superficiel ce que tu dis de moi. As-tu vu comme je suis noir et triste ? As-tu vu comme j'installe une atmosphère de désolations, de peur, de destruction, de mort ?
- Tu veux dire ce superbe décor d'Alaska, la neige, le froid, les tempêtes, le déferlemnt des vagues, l'isolement, les lacs, les glaciers, l'île ?
- Je veux parler de l'impossibilité de s'enraciner, de l'impossibilité d'établir des liens.
- En réalité tu racontes un voyage initiatique. Mais un voyage initiatique à l'envers.
- AniLouve, tu as tout compris. Il s'agit du dernier voyage, d'un dépouillement, du réduction des possibles, du déni graduel de ce que l'on désirait, d'une vie pleine de pertes, de rêves qui ne se réalisent pas.
- La construction de cette impossible cabane, l'impossible ancrage, le non sens du passage sur terre. L'enfoncement dans la folie sans marche arrière possible.
- Et c'est ensemble que le couple va effectuer ce dernier voyage, parallèlement. Cet homme qui attend qu'Elle le laisse tranquille, cette femme qui a peur qu'Il ne la laisse. Haine et amour.
- Et tu ne parles pas des autres ?
- Je ne peux pas tout dire. Tu es un bon livre, Désolations. Tu sais, je vote pour toi au match de la rentrée littéraire organisé par PriceMinister. Tu ne crois tout de même pas que j'aurais fait une aussi longue note sans cela ?
- Mais tu m'aimes ?

Salut Désolations ! Oui, je t'aime. Mais tu fous le bourdon.