Bonjour la chaise à bébé !
Version maison versus version maison rouge.
Les chaises font causette.
Attention, il ne s'agit pas de chaises hautes, mais de chaises à bébés ! Et pourquoi ? Ben ?
On peut constater que la version musée a deux trous au bout des bras où enfiler un barreau pour empêcher les enfants de tomber. La version maison présente une absence de trou mais j'ai un vague souvenir d'avoir utiliser un foulard, peut-être.
En saluant cette chaise, je salue également ma fille cadette. C'est sans conteste elle qui détient le record de durée d'utilisation. Elle s'est accrochée à SA chaise jusqu'à vingt ans passé. A la fin, son auguste popotin ne rentrait plus dans l'emplacement idoine et elle devait utiliser une approche oblique pour s'y glisser. :-)
Et maintenant, la chaise à bébé sert encore lors des visites de la petite dernière des petites filles.
Merci la chaise.
Bonjour les soles !
Non, ce ne sont pas des crampons pour écraser ou se faire écraser par le Maroc. C'est une paire de soles pour écraser les châtaignes. Ou plus exactement, pour les piétiner, une fois sèches, en vue de les décortiquer. Attention aux PELOUS ! (Dans le gard, on dit "pelous" mais vous pouvez dire "bogue de la châtaigne", c'est permis.)
Pour tout savoir sur la question, c'est ici, mais personne n'est obligé de tout savoir. Ce n'est pas possible.
La légende : Avec l'émergence d"une conscience identitaire cévenole, le châtaigner a fait l'objet d'une reconnaissance particulière, pour son rôle de premier plan dans l'histoire du pays. La mémoire collective, inspirée par son omniprésence dans le temps et dans l'espace, a retenu "l'arbre à pain" comme un marqueur essentiel de cette terre.
Salut les soles ! Soyez sages.
Bonjour les médailles du mulet !
Si l’âne peut avoir son bonnet, le mulet peut avoir ses médailles !
Je ne me souvenais plus du tout de cette histoire de "plaques muletières". Heureusement un complaisant spécimen de ce presque cheval passait par là, pour une petite explication, démonstration.
- Mulet, vraiment, tu as fière allure. Mais ces plaques ne te gênent pas pour regarder ?
- Ouais, ouais, ... c'est fait exprès. Enfin, disons que les deux plaques sur le côté servent d’œillères. On me dit que c'est pour chasser les mouches, mais je crois que c'est pour que je ne me laisse pas distraire. Tu sais "le service avant tout". Mais la grande plaque du milieu, elle, elle est là pour la pure beauté et la gloire du propriétaire, ou du roi, ou d'un saint ou de la vie. J'en ai vu (sur Internet) où il était marqué
- « J’aime Marion. J’aime son nom. »
- « L’amour passe le temps. Le temps passe l’Amour. »
- « Vive l'homme de probité. Vive la liberté. 1799. »
- « Contentement passe richesse. Jean Barial et sa metrese s’aimeront san sese. »
mais ici à maison rouge les plaques ont plutôt des dessins, des fleurs de lis par exemple. Tout de même il y en a une où j'ai déchiffré "J'AIME LE LIS J'AIME LA ROSE ET J'AIME LA ... (RONDEUR ?) SUR TOUTE CHOSE AU PUY 1759". Sur celle d'à côté, j'ai cru lire "A BON APPETIT IL NE FAUT POINT DE ... (SAVON ? SAVOIR ? AVOINE ?) 1783". Et sur la suivante je vois "VIVE LE ROY DE FRANCE". C'est très frustrant, je voudrais tant savoir, mais il y a des mots que je ne comprends pas. je ne suis qu'un mulet, je ne sais pas bien lire. Tu pourrais m'aider ?
- Non, je ne peux pas.
- Mais tu vois, Il y a des numéros, 42, 43, 45, ... Cherche le panneau explicatif, il y a surement une légende.
- Non. Tu sais bien que je suis passée en trombe, en jetant juste de petits regards par ci par là. Tu devrais être flatté d'avoir attiré mon attention avec tes pompons, tes plumeaux, tes clochettes. Je te salue Mulet.
Et je salue les LUNES. En effet, les plaques muletières, de par leur forme ronde, sont aussi appelées LUNES.
VIVE LES LUNES !
Et toi, visiteur, si tu avais six mulets, que ferais-tu graver sur leurs lunes ?
Bonjour les faucilles !
Bonjour les petites faucilles, les moyennes faucilles et les fausses faux. Pourquoi est-ce sur vous que j'ai jeté un oeil dédaigneux en traversant à toute berzingue le musée des vallées cévenoles ? J'étais déjà toute pleine de l'expo sur le BÊTE, je n'avais plus la force de regarder quoi que ce soit d'autre, alors pourquoi vous ? Je suppose que les arcs de cercles quasi concentriques ont ensorcelé le vienx prof de math.
Votre envoronnement me semble un peu encombré. Cela ne vous tourne pas trop la tëte ? Pas de torticolis ? Non ? Alors salut les faux et les faucilles.
Bonjour Armoire !
Mais que fais-tu là, toi ? Toute seule dans ton coin ? Tu sais que je suis horriblement véxée. Tu n'as pas ta place dans un musée. Ta soeur est installée chez moi et elle s'y sent très à l'aise. Elle dit qu'elle est totalement apte au service pour encore quelques années et qu'il n'y a aucune raison de la mettre à la retraite. C'est une EPAD pour armoire ici ?
D'ailleurs dès l'inauguration de maison rouge, j'ai vu qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Il y a ici plein d'objets qui ont leurs petits frère chez moi. Vexant, vraiment. Je ne vis pourtant pas dans un musée !
Salut armoire !
Bonjour camouflage !
Tronc de platane devant Maison Rouge
Si les troncs de platanes se camouflent ainsi c'est forcément pour passer inaperçus et pouvoir chasser tranquilement les touristes devant Maison Rouge.
Mais la question a été posée précédemment : pourquoi Maison Rouge n'est-elle pas rouge ?
La réponse est excessivement simple : le bâtiment n'est pas rouge car il n'a pas été bâti en briques et il n'a pas non plus été peint en rouge. Et voilà pourquoi Maison Rouge n'est pas rouge.
Ce n'était pas la bonne question !
Pourquoi Maison Rouge s'appelle Maison rouge ? J'ai cherché pour mes visiteurs la réponse sur Internet sans la trouver. J'ai donc dû interrogé un historien des filatures. Selon M., le musée des vallées Cévenoles a été installé dans une ancienne filature, la dernière àavoir été en activité en France, mais cette filature avait elle-même été construite sur l'emplacement d'une ancienne filature, démolie, et cette ancienne filature, elle, était en brique, ce qui était rare dans la région, d'où le nom.
Les filatures passent et le nom reste. Salut Maison Rouge !
Bonjour le vote !
- Anilouve, qu'est-ce que cette image à laquelle je ne comprends rien du tout ? Je vois tes chaussettes, elles font quoi ici ? Je vois les jambes de la Bête (leur ombre). J'aperçois ton Scotch qui semble vouloir renifler un ... Mais attends ! Ce ne serait pas le bulletin de vote de l'exposition Lattier ? Tu as VOLé le bulletin de vote ? Et du coup, tu n'as pas voté ?
- CHUT ! Bien sûr que j'ai voté, mais des bulletins de vote, j'en avais pris deux. Un pour moi, et un pour que les visiteurs puissent eux aussi voter.
- Et tu as voté pour laquelle des sept suggestions proposées par Lattier ?
Et LA BÊTE
Si c'était :
un pauvre singe d'Afrique
égaré sur La Margeride
dans le froid et dans L'hiver.
Et la Bëte
si c'était :
un monstre extra-terrestre
oublié par les Martiens.
Et LA BÊTE
si c'était :
un chien
ou quelque bête féroce
dressée à obéir et à tuer.
Et LA BÊTE
si c'était :
le loup garou !
Et LA BÊTE
si c'était :
un homme qui se prend pour un loup ?
un loup qui se prend pour un homme ?
Et LA BÊTE
si c'était :
tous les personnages de l'histoire
et LA BÊTE
présentant un miroir, un vrai, qu'on peut s'y voir dedans.
Je m'y suis regardé
en peignant le tableau.
_____
(dans l'expo la peinture est dotée d'un vrai miroir, dans le livre Lattier s'est peint dans le rectangle)
Et LA BÊTE
si c'était :
un être hybride,
né d'un accouplement monstrueux et venu du fond des temps.
x+x+x+x+x
- AniLouve, on attend les votes ?
- AniLouve, on leur dit, aux visiteurs, que Lattier finit le livre en disant que lorsqu'on s'est bien regardé dans le miroir on peut se flinguer ... ou demander pardon. Et que la Bête a demandé pardon et qu'elle a été pardonnée. Et sur le dernier tableau Dieu joue de l'accordéon et le diable du biniou.
- Non, on ne le dit pas.
Bonjour la BÊTE !
Frissons, frissons, c'est bon, on entre !
Vraiment ?
Mais oui, nous ne sommes pas des filllettes !
C'est parti :
Pour la première fois, le 1er juin 1764, apparît la BÊTE !...
Elle attaque une vachère de vingt ans, près de Langogne, ...
C'EST LA TROUILLASSE SUR LA MONTAGNE!
x+x+x+x+x
Deux mains se posent tendrement sur ses épaules. La fille se retourne doucement en pensant que Martin lui fait une petite blague. HORREUR ! C'est la BÊTE ...
x+x+x+x+x
On la guette ici et elle est là !
Cent ! Cent petis enfants, tous massacrés et des femmes et des jeunes filles. C'EST LA TROUILLASSE ET L'HORREUR !
x+x+x+x+x
"SIRE, LA BÊTE EST MORTE !" ...
Monsieur Antoine est grand seigneur ! Il distribue la prime à ses lieutenants de louvoierie. Lui se garde le privilège de faire peindre dans ses armoiries la tête de la BÊTE....
(regardez bien le peintre, bien sûr un autoportrait)
x+x+x+x+x
LA BÊTE on l'empaille vaguement et Chastel décide de partir à Paris recevoir sa récompense; Il met le BÊTE sur son charreton et faï tira ! Le voilà parti.Seulement d'Auvergne à Paris, il y a une brave trotte ! Et on est en juin.
x+x+x+x+x
- Mais, Anilouve ! Tu n'as pas parlé des dragons du roi, ni du prèche de l'évêque de Mende, ni de la Jeanne Jouve qui saute comme une calude sur l'esquine de la Bête qui a attaqué ses petits enfants, ni de la tête de la petite fille qu'on met comme appât dans un piège et tu ne montres pas quand Jean Chastel tue ... Et tu as montré beaucoup la bête et peu les paysages. Tu ne les aimais pas ?
- Ben, on m'a obligée à choisir. Seulement 4 tableaux. La vie est dure. Mais c'est juste pour faire envie aux visiteurs.
Salut Gérard Lattier. Merci pour cette superbe histoire.
Bonjour Gérard Lattier !
Gérard Lattier a 85 ans, l'oeil vif, le parler fleuri, c'est un peintre et un conteur occitan.
"Moi, Lattier, je suis né en 1937 et en 40 c’était la guerre – et j’ai vécu très heureux ma petite enfance dans un univers qu’on aurait dit les enfers de Jérôme Bosch ! des coups on se levait et bau !
on trouvait des gens pendus aux ponts de Nîmes, mais moi j’avais jamais connu rien d’autre ! alors ça me paraissait tout naturel.
Puis j’ai été paralysé, une des maladies qu’on meurt ou qu’on en reste un peu calu, moi je suis pas mort! et j’ai commencé de dessiner."
Extrait de : UN JOUR PEUT-ÊTRE! LATTIER
Entre autres, il a raconté son histoire de la bête du Gévaudan en 42 grands tableaux (111x83). Mais si je dis qu'il a raconté l'histoire en 42 tableaux c'est un mensonge, car il y a les tableaux, et le texte avec, directement sur les tableaux. Ce sont eux qu'AniLouve a voulu voir en vrai dimanche. (En vrai, car elle a déjà dans sa maison le grand livre avec toutes ces fabuleuses images).
Légende : le 9 février 1765, Marie Jeanne Rousset agée de 16 ans est attaquée par la Bête, vers 15 heures, sur le chemin qui mène à Mialanettes, la Bête lui coupe la tête, l'emporte dans les bois où on la retrouve toute rousiguée, mais les yeux intacts !!!
La sauvagerie, la douleur, la bêtise humaine, le pardon, trame cette fresque hautement colorée, avec la BÊTE, compagne de tous les jors, de toutes les saisons ... (quatrième de couverture)
Ben, dis donc, ça fait envie ! Allez, rentrons vite dans l'exposition (on y sera peut-être plus en sureté ?).
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