
Les entrailles de la bête : je regarde au fond du fond et je vois que tu es un vieux bidule plus très fringant, assez minable, sale et oxydé, quasi obsolète.
Tu arbores deux vis, jadis dorées, mais aucun maniaque n'a jamais dévissé une de tes lames pour la changer ou l'affuter.
Et qui possède encore des gros crayons pour ton gros trou ? Je crois que je n'en ai jamais eu. Il me reste bien un morceau de gros crayon, rouge d'un côté et bleu de l'autre, mais lui est trop gros.
Pauvre Bidule, tu subis une concurrence quasi déloyale : il y a des tailles-crayons en forme de globe terrestre, en forme de voitures ou d'avions, en forme d'animaux, des tours Eiffel, des cœurs ; il y a des taille-crayons en fonte, en plastique, avec tiroir, avec manivelle ; il y en a des rouges, des verts anis, des roses fuchsias ; et il y a des stylo-mines !
Et toi, tu as fait ton temps. Tu es dépassé. Mais tu dépannes encore.
Trois faces rectangulaires, deux faces en forme de trapèzes rectangles, des faces parallèles, des faces orthogonales, et ces deux superbes cônes tangents à ta face supérieure. Si tu étais tombé entre les pattes d'un mathématicien sadique en quête de sujet d'exercices, tu aurais fait tirer la langue à plus d'un collégien. Catastrophe évitée ...
Salut le taille-crayon ! Hop, dans le tiroir !